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L’Europe communautaire écrase le sommet du G32 de football en Afrique du Sud

Espagne, Pays-Bas, Allemagne, c’est le trio gagnant de la Coupe du Monde qui vient de s’achever en Afrique du Sud. Pourtant, à la mi-compétition, les plus éminents spécialistes, alors que l’Amérique du Sud propulsait la plupart de ses représentants en 8e de finale, annonçaient la cinglante défaite du vieux continent. Voilà qui aura sûrement participé à faire naître chez les supporters Européens, un nouvel élan de solidarité communautaire. Pourtant ce football ressemble à son élite politique : il est froid, calculateur, sans enthousiasme, éloigné de son public, matérialiste et commercial. Et désormais, il a pris ce qu’il y avait de pire chez les autres : il joue sur le terrain politique.
Le football Européen se porte bien, merci ! Déjà, en 2006, il portait deux de ces nations historiques, la France et l’Italie, au firmament. En 2010, il a joué la carte du renouveau avec les Pays-Bas et l’Espagne. Mais la recette est toujours la même : l’impitoyable réalisme et la puissance économique.  Alors qu’on craignait pour lui la mondialisation, il a su jouer le « bluff » en première phase, avant de balayer d’un revers de la main et sans trembler des adversaires « faire-valoir ».
Mais ce faux suspens sur le déclin supposé du football Européen, relayé par l’ensemble des médias qu’ils soient sportifs ou non, a porté ses fruits. Il a lié derrière les équipes encore en lice, l’ensemble des continentaux. À moindre échelle, ces mêmes médias nous jouent désormais la partition à l’envers, célébrant l’unification des nations Ibériques grâce au ballon rond, solidarisant tout le Bénélux derrière les « Orange », flamands et francophones apprécieront. Quant aux télévisions, elles auront brillé par leur intolérance aux vuvuzélas. La Coupe du Monde en Afrique ? Oui. Avec les Africains ? On est bien obligé. Avec leur culture ? Là, faut pas exagérer, déjà que le téléspectateur supporte les images du ghetto noir et de ses gamins jouant au foot pieds nus, on ne va pas en plus leur imposer le son qui va avec.
L’Allemand, Adidas, équipementier des vainqueurs, se frotte les mains et met les orteils en éventail. Nike, le géant américain, s’est bien fait niquer avec la France, en achetant son maillot pour la modique somme de 47 millions d’euros. Gagnants jusqu’au fond du portefeuille, les Européens. Ces joueurs, casqués et emmurés vivants, ont délibérément fait le choix de l’entreprise ultralibérale, laissant les tribunes à l’Humanité, réduisant le journalisme à une agence de communication et de marketing. Mieux, notre football a résolu son problème de retraite en expédiant ses vieux joueurs usés dans de riches championnats de seconde zone. Un bel exemple de « délocalisation », pas près de servir l’éclosion des jeunes talents dans ces pays.
 
La pauvreté du jeu
 
Malheureusement, s’il y a bien un point sur lequel tout le monde s’accorde, c’est bien sûr le faible niveau de jeu de cette Coupe du Monde. Le débat est de savoir si cette finale était pire ou meilleure que celle qui a opposé l’Argentine et l’Allemagne en 1990, en Italie. Un spectacle affligeant et violent, comme le sont souvent les combats fratricides.
 Car s’ils ont vaincu les autres par l’ennui, il fallait d’autres armes ce soir de finale, et pas question d’employer du jeu. Car les Uruguayens ont voulu  jouer, courageusement avec le sens du sacrifice. Ils ont perdu. Car les Argentins, qui aussi avaient mis tout ce que le pays compte comme incompétence tactique sur le banc de touche, ont mis toute leur émotion, leur solidarité et leur affection au service de l’équipe. Ils ont perdu. Car les Brésiliens, qui honteusement se sont pris pour des Européens oubliant tout ce qui les a fait gagner 5 titres de champions, avaient tous les talents techniques. Ils ont perdu. Car le Ghana, écrasé par la charge des espérances de tout un continent et la misérable compassion de l’occident, avait l’élan et l’enthousiasme. Il a perdu.
Tous battus par l’Espagne, les Pays-Bas et l’Allemagne, qui a eux trois, ne rassemblent pas 90 minutes de beau football sur l’ensemble de la Coupe du Monde. Battus par le pragmatisme, la tactique et le réalisme. Même les grands joueurs n’ont pas pu s’exprimer : Rooney, Ronaldo, Drogba, Messi, Eto’o, Ribéry, etc.
Voilà donc un domaine où l’Europe est dominatrice, et ce n’est pas prêt de s’arrêter. Pour la première fois dans l’histoire, une équipe Européenne est allée s’imposer loin de ses bases. En 2014, au Brésil, on annonce l’Allemagne grandissime favorite. Mais à quel prix lorsque l’on aime le football, le jeu, pas ce sport gangrené. 
Force est de constater, que même ici, l’Europe ne fait pas rêver !
 
Dans le jeu politique
 
Cerise sur ce gâteau sans saveur, l’incroyable intervention des politiques dans cette coupe du monde. Et là, la France est championne du Monde ! Un titre qu’elle vient de ravir aux pires nations Africaines, Sud-Américaines et même tyranniques de par le monde. On connaissait le ministre Africain qui fait l’équipe avant le match, on se souvient des chefs d’états qui confondent victoire au foot avec victoire à la guerre, on s’émeut aussi au souvenir de ce match entre les USA et l’Irak. Les exemples sont nombreux.
Au dernier sommet du G20, le nouveau premier ministre Anglais et la chancelière Allemande se sont éclipsés ensemble pour suivre le choc Allemagne/Angleterre, suivi d’une conférence de presse avec analyse sportive et politique. Depuis 15 jours, le premier ministre Espagnol utilise les résultats de la « Roja » pour lutter contre les phénomènes identitaires de son pays, alors que les indépendantistes Catalans défilaient à Barcelone et que des opérations policières étaient menées contre E.T.A. Depuis la victoire, un seul mot d’ordre en Espagne : « Bienvenue dans un pays plus heureux », de quoi faire sourire les 20 % de chômeurs d’un pays au bord de la crise… De nerfs.
En France, on a battu tous les records et offert les meilleurs spectacles. Brouille entre Roselyne Bachelot et sa secrétaire d’Etat, Rama Yade, sur fond de notes d’hôtels. Hallucinante conférence de presse de la ministre des sports, les yeux exorbités, à la veille d’un match décisif contre l’Afrique du Sud, qui aura certainement fini d’enterrer tous les espoirs des Français. Thierry Henri reçu à l’Elysée par un chef de l’Etat aux surprenantes priorités en ce jour où 2 millions de personnes défilent dans les rues contre le projet de réforme des retraites. Commission d’enquête à l’Assemblée Nationale où les députés poussent le ridicule jusqu’au huis clos. Intimidation du pouvoir sur l’exécutif de la Fédération Française de Football. On peut encore ajouter les analyses à mourir de rire de Daniel Cohn-Bendit à la fin de chaque match de la France et de l’Allemagne, les nombreux plateaux télé où nos hommes politiques sont allés refaire le match et des pronostics aussi fiables que les chiffres du chômage.
 
Si le jeu déployé sur les terrains d’Afrique du Sud n’avait pas encore achevé les fans de foot, les politiques ont parfaitement fini le travail. Décidément, ça ne tourne plus très rond
Auteur : Yoann Daniel | 3 commentaires
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Vos commentaires

#1 - Le 18 juillet 2010 à 23h12 par michael , Plancenoit
espagna campeones del mondial
et oui on es les meilleur
#2 - Le 19 juillet 2010 à 15h46 par sebdan, Quimper
Super article !
#3 - Le 20 juillet 2010 à 20h52 par david, St Nazaire
Etre champion ne veux pas dire être les meilleurs, on c'est trés bien que tout peut arriver un match et on peut pas dire que l'Espagne nous ai montré un superbe jeu.

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