C’est pourtant dans une ambiance de cour d’école qu’ a commencé la réunion du PPE (Parti populaire européen) où se sont retrouvés les principaux dirigeants européens à Marseille avant le sommet européen de Bruxelles. Chacun y allant de sa déclaration. Pour Nicolas Sarkozy « Jamais l’Europe n’a été aussi en danger Nous avons quelques semaines pour décider car le temps travaille contre nous. » Ou encore : « Si vendredi (9 décembre, NDLR), nous n’avons pas d’accord, il n’y aura pas de seconde chance. » La chancelière allemande a insisté pour une refonte des traités « Nous allons mener des débats difficiles (…), mais je suis convaincue que nous allons trouver une solution », a-t-elle dit, confiante, à ses camarades. À sa manière tout à la fois ferme et discrète, elle glisse néanmoins que « les mots ne suffisent plus. »
À partir de ce soir les 27 vont se pencher sur les propositions pour sortir l’Europe de la crise de la dette mais la marge de manœuvre est très étroite. L’enjeu est de sauver la monnaie unique. Pour le Président français et la chancelière allemande il faut convaincre qu’il doit y avoir plus de discipline, serrer la ceinture pour revenir à l’équilibre et modifier les traités européens en inscrivant une forme de discipline budgétaire.
Cela passerait par des « sanctions automatiques » et « immédiates » visant les États de la zone euro dont les comptes dérapent trop. L’accord à l’étude imposerait aussi une règle d’or obligeant les 17 pays de la zone euro à inscrire dans leur constitution l’objectif de retour à l’équilibre, avec vérification par la Cour de justice européenne.
Tous les pays, en revanche, sont d’accord pour juger que le renforcement de la discipline budgétaire devrait convaincre la BCE de faire davantage pour aider les pays fragiles comme l’Italie, en achetant massivement leur dette sur les marchés pour faire redescendre les taux d’intérêt.
À son arrivée à Bruxelles Angela Merkel a déclaré : « L'euro a perdu en crédibilité et cette crédibilité de l'euro doit être rétablie et pour cela nous devons dire clairement que nous acceptons davantage d'engagements » en matière budgétaire.
Demain sera donc la énième journée historique.
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