Macron: Des images de la police battant un homme noir «  nous font honte  »

PARIS – Le président français Emmanuel Macron a décrit vendredi soir des images montrant des policiers battant un Noir à Paris comme «inacceptables» alors qu’il tentait de contenir l’indignation généralisée face à l’incident.

«Les images que nous avons tous vues du passage à tabac de Michel Zecler sont inacceptables. Ils nous font honte », a déclaré Macron dans un communiqué publié sur Facebook et Twitter.

« La France est un pays d’ordre et de liberté, pas de violence gratuite et arbitraire », a déclaré Macron.

Il a appelé la police à être «exemplaire» avec les citoyens et les citoyens à être exemplaire avec la police, mais a également veillé à éviter de critiquer l’ensemble de la police.

«Je n’accepterai jamais que la violence gratuite de quelques-uns tache le professionnalisme des femmes et des hommes qui, au quotidien, assurent notre protection avec courage», a déclaré Macron.

La déclaration de Macron reflétait un effort visant à trouver un équilibre entre la lutte contre les critiques selon lesquelles il soutenait des politiques de plus en plus illibérales et le maintien de bons liens avec la police et les électeurs de droite qui accordent une importance particulière à la loi et à l’ordre.

Macron a également réitéré son soutien aux libertés fondamentales telles que la liberté d’expression, la liberté de la presse et la liberté de manifester.

Macron a également indiqué qu’il avait demandé au gouvernement de faire des propositions pour «réaffirmer les liens de confiance qui devraient exister naturellement entre les Français et ceux qui les protègent et lutter plus efficacement contre toutes les discriminations».

La vidéo, qui a été publiée jeudi sur les réseaux sociaux, montrait trois policiers pénétrant de force dans un studio d’enregistrement de musique après avoir vu un homme noir entrer dans le bâtiment depuis la rue où il marchait sans porter de masque, ce qui est obligatoire en vertu des mesures de santé actuelles contre les coronavirus. .

L’homme, Michel Zecler, propriétaire du studio d’enregistrement, n’était pas armé et ne semble pas être belliqueux envers les policiers dans la vidéo d’une minute publiée par le média Loopsider. Les trois policiers l’ont frappé à plusieurs reprises, lui ont donné des coups de pied et l’ont battu avec leurs matraques. Ils ont même tiré des gaz lacrymogènes dans le studio d’enregistrement à un moment donné.

Zecler dit qu’ils lui ont crié à plusieurs reprises «sale nègre».

Macron a rencontré jeudi après-midi le ministre de l’Intérieur Gerald Darmanin, qui a adopté une ligne dure en matière de maintien de l’ordre et de défense de la police. Le responsable proche de Macron a déclaré que le président avait déclaré à Darmanin que «ce serait bien que les choses se calment».

Quelques heures plus tard, lors d’un journal télévisé nocturne aux heures de grande écoute, Darmanin a clairement condamné les violences des policiers. Il a dit qu’ils devraient être expulsés de la force s’ils étaient reconnus coupables par l’enquête interne de la police.

Le passage à tabac était le deuxième incident impliquant la police française à susciter l’indignation ces derniers jours

Lundi soir, des policiers ont été filmés en utilisant une force excessive pour évacuer des centaines de migrants qui avaient installé des tentes sur une place centrale à Paris. À un moment donné, un policier est vu en train de donner des coups de pied brutaux à un migrant.

Ces deux incidents surviennent alors que le parlement français vote sur un projet de «projet de loi sur la sécurité générale», avec une disposition controversée qui vise à rendre illégale la «publication, par quelque moyen et sur quelque support que ce soit, du visage ou de toute autre caractéristique d’identification» de un policier ou un gendarme «dans le but de leur causer manifestement un préjudice physique ou psychologique».

Cette partie du projet de loi a sonné l’alarme parmi les journalistes et les militants, qui disent qu’elle pourrait dissuader un examen légitime des policiers et être abusée par les forces de l’ordre pour déterminer l’intention derrière le tournage ou la prise de photos.

Darmanin était allé jusqu’à dire que les journalistes devraient demander une accréditation auprès de la police avant d’être autorisés à filmer des manifestations.

Trois rapporteurs du Conseil des droits de l’homme de l’ONU ont pesé sur le projet de loi en affirmant qu’il «porterait gravement atteinte aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales».

Les policiers et leurs familles se sont plaints d’avoir été ciblés sur les réseaux sociaux et menacés pour avoir fait leur travail. Les syndicats de police se plaignent également d’un personnel insuffisant, d’un équipement insuffisant et d’heures supplémentaires non rémunérées. En 2018-2019, la police française a dû faire face pendant des mois aux manifestations hebdomadaires du mouvement anti-établissement Yellow Jackets, dont certaines sont devenues violentes, suivies de grèves liées aux plans de réforme des retraites de Macron.

Darmanin a déclaré à la chaîne de télévision française BFM début novembre qu’il avait «promis que les images de policiers et de gendarmes ne soient plus publiées sur les réseaux sociaux. Cette promesse sera tenue.

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