La pression monte sur le gouvernement pour qu’il révise les règles d’imposition des sociétés en Irlande

Le gouvernement est confronté à de nouvelles demandes de la part de Bruxelles de réviser les règles relatives à l’impôt sur les sociétés alors que la Commission européenne s’efforce de relancer les propositions d’un régime paneuropéen d’imposition des entreprises.

Un plan directeur qui doit être adopté aujourd’hui par la commission englobe plusieurs mesures auxquelles Dublin a longtemps résisté au cours de plus d’une décennie de conflit fiscal avec Bruxelles. La question est extrêmement sensible pour le gouvernement car les réformes éroderaient les recettes fiscales des sociétés qui représentent désormais 21 pour cent de toutes les recettes fiscales.

Le plan de la commission, intitulé «Fiscalité des entreprises pour le 21e siècle», ira au-delà des réformes globales discutées depuis des années à l’Organisation de coopération et de développement économiques que le gouvernement a soutenues.

«Le contexte de la politique fiscale des entreprises de l’UE a radicalement changé au cours de l’année écoulée», a déclaré une source bruxelloise, citant le choc économique déclenché par la pandémie de coronavirus.

La commission souhaite une action rapide, affirmant qu’elle déploiera en juillet des propositions de taxe numérique sur les grandes entreprises technologiques. Le prélèvement toucherait le même type de Google, Apple, Microsoft et Facebook qui utilisent l’Irlande comme siège européen. Le gouvernement a rejeté les tentatives précédentes d’introduire une telle taxe européenne.

Bruxelles propose également d’élaborer un nouveau règlement paneuropéen sur la fiscalité des entreprises pour remplacer le plan d’assiette commune consolidé de l’impôt sur les sociétés que Dublin a rejeté il y a plusieurs années au motif qu’il harmoniserait la fiscalité. Le nouveau régime – le cadre d’imposition des revenus des entreprises en Europe – comprendra une formule pour la répartition des bénéfices imposables entre les États membres.

Avertissement du FMI

Le plan de l’UE intervient quelques semaines après que le président américain Joe Biden a promis un taux de 21% sur les bénéfices internationaux des entreprises américaines, bien au-dessus du taux irlandais de 12,5%.

La sensibilité de l’Irlande a été clairement exprimée la semaine dernière lorsque le Fonds monétaire international a averti qu’un taux minimum global pourrait, dans un «scénario extrême», effacer la moitié de l’assiette fiscale de 11,8 milliards d’euros de l’État.

Le plan de la commission comprend des mesures visant à contraindre les grandes entreprises à publier chaque année leur taux d’imposition effectif dans l’UE, ce qui n’est souvent pas clair dans les dépôts publics.

Un autre point de friction potentiel est la demande de la Commission d’augmenter la fiscalité européenne dans les États membres, y compris une «ressource propre liée au secteur des entreprises». Elle soulèvera également la perspective d’une nouvelle taxe sur les transactions financières, mesure contestée par le gouvernement au plus fort de la dernière crise financière.

La commission s’engagera également à continuer d’utiliser les affaires d’aides d’État pour lutter contre l’évasion fiscale agressive des entreprises, le mécanisme qu’elle a utilisé pour lutter contre le régime fiscal d’Apple en Irlande. Bien que le Tribunal de l’Union européenne ait annulé la décision l’année dernière, la commission a fait appel de la décision devant la plus haute juridiction de l’Union.

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