« Splinternet » : Internet plus que jamais sous la menace d’une fragmentation

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« Splinternet » : Internet plus que jamais sous la menace d’une fragmentation

« Splinternet » : Internet plus que jamais sous la menace d’une fragmentation. Et si demain chaque pays décidait tout simplement de mettre en place son propre Internet sur-mesure et fermait ses frontières numériques au reste du monde, ou du moins à certains pays qui ne sont plus les bienvenus car peu potentiellement être sources de menaces ? C’est ce qu’on appelle le « splinternet » ou fragmentation d’Internet.

La quête d’une souveraineté numérique chez les grandes puissances, les tensions entre la Chine et l’Occident et tout récemment la guerre de la Russie contre l’Ukraine laissent entrevoir l’arrivée d’une possible fragmentation d’Internet.

En mars 2022, l’ambassadeur français aux Affaires numériques Henri Verdier avait déjà déclaré à Bloomberg News, une web magazine américaine, que la combinaison de la censure croissante en ligne de la Russie avec les appels intensifiés de l’Ukraine pour que la Russie soit mise hors ligne pourrait rapprocher le monde de la « fragmentation d’Internet ». Et depuis, les débats sur le sujet se multiplient. Même le Parlement européen s’y met !

« Splinternet » : Internet plus que jamais sous la menace d’une fragmentation ! Découvrez dans cet article tout ce qu’il y a à savoir sur le concept de « Splinternet » et aussi pourquoi la menace d’une fragmentation d’Internet se précise plus que jamais aujourd’hui, et que cela devient un réel danger pour le monde digital ou le monde numérique.

Qu’est-ce que le splinternet ou fragmentation d’Internet ?

Splinternet (également appelé cyber-balkanisation ou balkanisation d’Internet) fait référence à l’éclatement du cyberespace en domaines disparates contrôlés par des blocs politiques autonomes ou toute autre puissance de contrôle, comme des entreprises de technologie ou de commerce électronique, ou des pays ayant des intérêts nationaux divergents liés au nationalisme ou à la religion. Splinternet étant la contraction d’un terme anglais « splintering of the Internet », qui signifie « éclatement d’Internet » ou encore « fragmentation d’Internet » en français.

Mais sachez que le terme ou concept de splinternet n’est pas vraiment nouveau. Il aurait été inventé par le chercheur du Cato Institute, Clyde Wayne Crews il y a plus de 20 ans.

Internet est un paysage virtuel infiniment grand qui joue un rôle important dans notre vie quotidienne. C’est l’endroit où nous apprenons, discutons, achetons, communiquons avec les autres et aussi l’endroit où nous travaillons. Si le « splinternet » devient une norme, cela apportera d’importants bouleversements pour des millions de personnes dans le monde.

Balkanisation de  l’internet, ou cyberbalkanisation, ou Splinternet (anglais).

Nous parlons d’un seul et unique sujet à savoir, la fragmentation de l’internet et peu importe la raison (politique, économique, technologique, commerce ou autre divergence nationale) pour laquelle cette fragmentation est faite.

Ce terme (Splinternet) un peu différent des autres, fut utilisé pour la première fois par Clyde Wayne Crews, en 2001, pour définir des internets différents et parallèles qui fonctionneraient comme des univers distincts et autonomes (privés ou non).

Mais d’autres auteurs ne l’ont pas vu de la même façon, par exemple Scott Malcomson (Sécurité International New America), utilise cette terminologie en mettant en  avant une certaine forme de danger contre l’internet existant normalement partout dans le monde.

Et pour lui donner raison, depuis le 01 novembre 2019, La Russie a fait passer une loi sur un internet indépendant, et c’est ainsi qu’il est aisé de nos jours de parler de balkanisation de l’internet, tendance qui tend à croitre avec d’autres pays notamment de l’est (chine ?).

En réalité, peu de gens sont d’accord sur l’internet actuel, et les nationalismes de nos jours, cherchent par tous les moyens à ne plus utiliser les standards habituels, ne proposant plus en affichage toutes les recherches comme par le passé, une vraie guerre contre Google semble être déclarée, et la question est de savoir si elle aura lieu ou non.

Plusieurs modèles de « splinternet »

En réalité, l’Internet mondial n’est pas totalement ouvert. En raison de divers facteurs, tels que la technologie, le commerce, la politique, le nationalisme, la religion et les intérêts nationaux divergents, quelques pays ont déjà entrepris des censures d’Internet et aussi des choix de gouvernance d’Internet qui font qu’aujourd’hui le splinternet est bien une réalité, mais à une échelle réduite qui passe encore inaperçue.

Voici les modèles de splinternet connus :

  • Splinternet – Le modèle ouvert.

Adopté en grande majorité par des pays très libéraux comme les États-Unis, le Royaume-Uni ou encore l’Australie, le modèle ouvert de splinternet se concentre sur le maintien de l’idée originale d’Internet, mais caractérisé par des censures et de choix de la gouvernance d’Internet qui limite certaines choses jugées comme dangereuses. Par exemple, depuis quelques années, les États-Unis et l’Australie se penchent ensemble sur des projets de création d’un pare-feu pour bloquer la pédopornographie ou encore le commerce illégal d’armes à feu. Cela étant dit, l’architecture du modèle ouvert du splinternet est la même que celui de l’Internet ouvert. Elle permet notamment l’interopérabilité et la communication entre différents appareils et réseaux. Enfin, ce modèle offre aussi à quiconque la possibilité d’ajouter de nouveaux outils et services sans autorisation.

  • Splinternet – Le modèle normatif.

Ce modèle appliqué par les européens est en comparaison moins ouvert que celui des américains. Il met davantage l’accent sur la réglementation fondée sur les droits de l’homme et se caractérise par l’ajout de garde-fous, comme le Digital Services Act et autres directives européennes qui s’assurent la protection de la vie privée des internautes, la libre concurrence et la souveraineté numérique.

  • Splinternet – Le modèle autoritaire.

Ce modèle est utilisé en Chine depuis plusieurs décennies et commence aussi à prendre place dans des pays comme l’Iran, la Russie ou encore l’Arabie saoudite. Le modèle autoritaire se caractère par une architecture permettant aux gouvernements centraux d’avoir une emprise sur les acteurs économiques et sociaux. Notez que depuis 2003, la Chine a déployé un Grand Pare-feu, appelé aussi Grand Firewall de Chine, qui empêche aux internautes chinois d’accéder aux sites web les plus populaires au monde comme Google, Facebook et Twitter, au nom de la sécurité et de la protection de la nation.

  • Splinternet – Le modèle hybride.

Le modèle d’Internet adopté par des pays comme l’Inde, le Brésil, la Turquie et ou encore le Nigéria n’est ni autoritaire, ni totalement libre. Des systèmes de contrôle et de surveillance sont mis en place, mais sans jamais aller trop loin. Pour vous donner un exemple, plus récemment, l’Inde a mis fin à l’anonymat en ligne en obligeant les fournisseurs de cloud et les opérateurs de VPN à conserver les noms de leurs clients et leurs adresses IP pendant cinq ans. Une initiative interprétée comme un non-respect de la vie privée par les partisans du modèle normatif et ouvert d’Internet.

À quoi sert le splinternet ?

Avec un Internet ouvert, les internautes du monde entier peuvent visiter tous les sites web de leur choix en saisissant juste le nom de domaine ou en les cherchant à l’aide d’un navigateur web. Malheureusement, cette totale liberté peut parfois poser des problèmes. À l’inverse, lorsque Internet est fragmenté, le gouvernement ou d’autres organisations peuvent contrôler à leur guise ce qui est accessible.

Ainsi, pour combattre par exemple l’exploitation sexuelle des enfants sur Internet, les gouvernements doivent pouvoir être capables d’empêcher les utilisateurs d’accéder à des sites proposants des contenus pédopornographiques, chose impossible avec l’Internet totalement ouvert.

Pour des pays comme la Russie, la Chine ou encore l’Iran, la fragmentation d’Internet est généralement motivée par la censure. Si des pays comme la France ou l’Angleterre publient par exemple des articles critiques ou négatifs sur la Russie, le gouvernement de la fédération de Russie va vouloir censurer ces articles afin que ses résidents ne soient pas au courant de ce qui pourrait se passer, chose également impossible avec l’Internet totalement ouvert.

Enfin, le splinternet peut aussi être motivé par des raisons économiques ou des raisons liées à la souveraineté numérique. La Chine a lancé le Golden Shield Project afin de bloquer des plateformes tels que YouTube, Snapchat, Twitter, Hulu, Netflix, Telegram, Facebook Messenger, WordPress ou encore Tumblr pour que les Chinois et les entreprises chinoisent ne dépendent pas de ces plateformes et créent eux-mêmes leurs propres plateformes.

Comment la guerre en Ukraine accélère-t-elle la fragmentation d’Internet ?

La Chine n’a plus le monopole de la fermeture de son réseau. En effet, depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, cette dernière n’a cessé de renforcer son contrôle sur Internet et les réseaux sociaux. Elle a notamment déjà entrepris de bloquer des géants de l’internet américains comme Facebook ou Twitter, accusés de désinformation concernant l’invasion.

En réponse aux agressions russes, d’autres services Internet étrangers (Apple, Microsoft, Netflix et TikTok de ByteDance…) ont à leur tour et de leur propre initiative suspendu tout ou partie de leurs activités en Russie.

Cela dit, que le fait que la Russie exerce un certain contrôle sur l’Internet n’est pas nouveau. Le pays est en effet régulièrement cité pour ses projets de souveraineté sur l’Internet depuis des années. En 2019 par exemple, il a signé une loi appelée la loi souveraine sur l’internet qui a pour but de mettre fin à ce qu’elle considère comme la stratégie de cybersécurité agressive des États-Unis.

Puis en 2020, le pays met au point un intranet national, baptisé RuNet, l’Internet russe. Le test qui a duré plusieurs jours fut un succès. RuNet, un intranet géant qui couvre l’intégralité du pays, aurait fonctionné en conservant ses propres services web, le tout sans accès à l’Internet extérieur. Les autorités russes ont également simulé des cyberattaques étrangères pour déterminer la résistance de RuNet. Avec ces nombreux dispositifs, la Russie se prépare clairement à la possibilité de devoir se déconnecter de l’Internet mondial.

Les dangers de la fragmentation d’Internet

Mais en quoi précisément le splinternet est-il une mauvaise chose ? Comme on peut déjà le voir en Chine et en Russie, le Splinternet et la censure de l’information vont toujours de pair. Et malheureusement, la censure conduit toujours à la désinformation parmi ceux qui ne peuvent pas accéder à l’internet traditionnel.

Si elle se répandait ou bien devenait la norme, la fragmentation d’Internet introduirait aussi à des obstacles trop importants à la collaboration entre les pays et aussi les simples internautes. Cela nous empêcherait tout simplement de travailler, d’apprendre et d’innover ensemble. Beaucoup d’entreprises de service numérique vont aussi faire faillite, bien qu’il y aura aussi quelques gagnants.

Ceux qui ont le plus à gagner avec le splinternet sont les grands fournisseurs de cloud. Les entreprises se tourneront vers eux pour pouvoir absorber les nouvelles réglementations. Ils peuvent aussi développer des services qui permettraient aux entreprises et aux professionnels de naviguer dans l’intranet d’autres pays.

Les plus grands perdants de splinternet, quant à eux, peuvent varier en fonction de la section fragmentée d’Internet. Mais on peut s’attendre à ce que les éditeurs de jeux, les fournisseurs de services sur Internet, les réseaux publicitaires, les processeurs de paiement internationaux et plus encore subissent de grosses pertes, voire de disparaitre complètement, déjà que le RGPD à lui seul a contraint de nombreuses sociétés américaines à se retirer complètement de l’Europe.

Enfin, le splinternet est aussi une mauvaise nouvelle pour les petits fournisseurs de cloud. Ils n’ont pas les ressources nécessaires pour posséder des centres de données dans le monde entier, ce qui fait que leurs services n’auront plus aucun intérêt.

Auteur Antonio Rodriguez Mota Editeur et Directeur de Clever Technologies

Michel Labise
Depuis plusieurs années, la roue a facilité le voyage et le transport. Les Nouvelles technologies de l'information ont aussi amélioré la diffusion des informations "News" pour mieux nous alerter et ou nous instruire. Les évolutions technologiques dans les domaines du l'information, la santé ne seraient rien sans l'apport de la technologie.
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