Le démantèlement violent du camp de migrants à Paris alimente le débat sur les images de la police

Des images de la police démantelant violemment un camp de migrants au cœur de Paris ont enflammé le débat sur un projet de loi controversé qui restreindrait le partage d’images de policiers.

Utopia 56, une ONG de défense des droits des migrants, a arrangé que plusieurs centaines de migrants sans abri installent des tentes sur la place de la République lundi soir – mais en quelques heures, les tentes ont été confisquées par la police, qui a chassé les migrants, les militants et les journalistes à l’aide de larmes gaz.

Des vidéos de la scène montrent des agents traînant des tentes avec leurs occupants toujours à l’intérieur. Après que des échauffourées ont éclaté, la police a commencé à utiliser des gaz lacrymogènes et des grenades à piqûre pour disperser la foule. Autres images montre un policier faisant trébucher un homme alors qu’il essayait de fuir la scène.

Le député de France Unbowed Eric Coquerel était présent et a déclaré à Franceinfo qu’il avait été «bousculé» par la police et qu’un jeune homme avait été arrêté pour avoir tenté de l’aider à rester debout.

La police a également ciblé les journalistes. Rémy Buisine, qui travaille pour le média numérique Brut, a été filmé allongé sur le sol avec un policier debout au-dessus de lui – sa troisième rencontre brutale de la nuit «avec ce même policier», il m’a dit.

Les images arrivent à un moment de débats féroces autour d’un projet de loi controversé, qui vise à interdire la publication de vidéos ou de photos identifiant les policiers avec «l’intention manifeste de porter atteinte à leur intégrité physique ou psychique». Le projet de loi sera voté mardi après-midi dans la chambre basse du parlement français et débattu au Sénat début décembre.

Les opposants au projet de loi, notamment les ONG Amnesty International et Reporters sans frontières (RSF), ont déclaré que la notion d’intention malveillante était à la fois vague et difficile à prouver. Il pourrait également être ouvert à une mauvaise interprétation de la part de la police et, en fin de compte, conduire à des abus qui pourraient mettre en danger la liberté d’expression des citoyens et des journalistes.

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, qui a défendu avec véhémence le projet de loi comme un moyen de «protéger ceux qui nous protègent», et dont les méthodes commencent à ébouriffer les plumes de la majorité parlementaire, a tweeté que «certaines» des images de lundi «sont choquantes.  » Il a demandé à l’Inspecteur général de la police nationale (IGPN) de se pencher sur les «actes inacceptables».

C’est un changement de ton dramatique pour Darmanin, qui en octobre promis dans une lettre aux forces de police qu’il «interdirait» l’utilisation des images de la police sur les réseaux sociaux.

La préfecture de police de Paris a publié un communiqué indiquant que la police «a immédiatement procédé à la dispersion de l’occupation illicite de l’espace public», sans évoquer les violences. Alors que des camps de migrants sont régulièrement apparus – et ont été démantelés – à la périphérie de Paris, les autorités locales empêchent activement leur implantation au sein même de la ville.

Les migrants seraient d’anciens occupants d’un camp à Saint-Denis, juste au nord de Paris, qui a été démantelé mardi dernier.

La police a suivi les migrants et a empêché de nouveaux efforts pour s’installer pour la nuit jusqu’à ce qu’ils soient en dehors de Paris.

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