La France ne s’excusera pas pour la colonisation de l’Algérie

PARIS – La France ne s’excusera pas pour sa colonisation de l’Algérie mais commémorera au contraire l’histoire violente de son occupation du pays d’Afrique du Nord.

« Il n’y aura pas de repentir, il n’y aura pas d’excuses », a déclaré mercredi un conseiller du président français Emmanuel Macron avant la publication d’un rapport très attendu sur l’histoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie.

La France a été la puissance coloniale en Algérie pendant 132 ans et les Algériens ont obtenu leur indépendance en 1962, après une guerre de sept ans marquée par des atrocités, y compris des actes de torture. Cette histoire sanglante a éclipsé les relations entre les pays.

Les doléances liées à l’histoire coloniale et les tensions avec les Français d’origine algérienne et nord-africaine ont pesé sur la cohésion nationale française. Ils ont également été utilisés par les terroristes comme outil de radicalisation.

Bien que des excuses formelles pour les atrocités commises par la France aient été exigées par l’Algérie, la France s’efforcera plutôt de faire face à son histoire. «La repentance est vanité, la reconnaissance est la vérité. La vérité se construit avec des actions », a déclaré le conseiller de Macron.

Le rapport, commandé par Macron et rédigé par l’historien Benjamin Stora, fait une liste de recommandations, notamment la mise en place d’une commission «vérité et mémoire», l’élargissement de l’enseignement de la colonisation dans les écoles françaises et la commémoration de trois dates importantes de l’histoire commune des pays.

«Le président veut que ces initiatives permettent à notre pays de porter un regard lucide sur les blessures du passé, de construire, au fil du temps, une réconciliation des souvenirs», a déclaré un communiqué de la présidence française.

La question du repentir et de la reconnaissance de la violence de la colonisation reste une question très controversée en France, et pas seulement parmi l’extrême droite qui a traditionnellement défendu le passé colonial de la France.

En novembre, le premier ministre Jean Castex ridiculisé les demandes d’excuses, les reliant aux précédentes tentatives d’apaisement des terroristes islamistes.

Macron, qui est le premier président français né après l’indépendance de l’Algérie, a pris des positions audacieuses sur la question depuis sa campagne présidentielle et a pris des mesures pour corriger les torts historiques.

« Nous avons cette histoire entre nous, mais je n’en suis pas le prisonnier », a déclaré Macron à un jeune Algérien lors d’une visite dans le pays sept mois après le début de sa présidence. «Vous n’avez pas vécu la colonisation, pourquoi m’emmêlez-vous avec?»

En tant que candidat à la présidentielle, il a qualifié la colonisation de «crime contre l’humanité» lors d’une visite à Alger, ce qui a suscité la colère de l’extrême droite. Mais depuis qu’il a pris ses fonctions, il n’a pas répété cette déclaration, même s’il a dit qu’il la soutenait pleinement.

Il a également supervisé le retour des crânes de 24 résistants algériens décapités lors de la conquête de la France et conservés comme trophées de guerre par des officiers français.

Il a décerné la légion d’honneur, la plus haute distinction civile de France, aux anciens combattants «harkis», aux Algériens qui ont combattu aux côtés de la France dans la guerre d’indépendance et ont créé un fonds de solidarité, bien que certaines organisations harkis aient dit que c’était trop peu, trop tard . Des dizaines de milliers de harkis ont été laissés pour compte et pris pour cible par les nationalistes algériens qui les ont accusés de trahison.

Macron a également été le premier président à reconnaître que Maurice Audin, un activiste communiste et anticolonial français disparu en Algérie en 1957, a été «torturé puis tué», ce qui a été rendu possible par un «système légalement institué».

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