Macron promet de changer la loi pour protéger les enfants contre les abus

PARIS – Le président français Emmanuel Macron a promis de resserrer les lois sur les abus sexuels sur les enfants après qu’un scandale très médiatisé a suscité l’indignation dans tout le pays et des milliers de personnes se sont tournées vers les médias sociaux pour partager leurs propres expériences d’abus.

« Nous sommes ici. Nous sommes à votre écoute. Nous te croyons. Et vous ne serez plus jamais seul », a déclaré Macron dans un courte vidéo sur Twitter samedi. «Nous devons adapter notre loi pour mieux protéger les enfants victimes d’inceste et de violence sexuelle.»

Le président a chargé le ministre de la Justice Éric Dupont-Moretti et le secrétaire d’État à l’Enfance et à la Famille Adrien Taquet de tenir des discussions visant à faire des propositions législatives dans les plus brefs délais. Il a également annoncé des réunions d’évaluation dans les écoles primaires et secondaires pour voir si des enfants ont été maltraités. Ceux qui ont été maltraités bénéficieront d’un remboursement total du coût de la thérapie.

Cette décision intervient après un scandale impliquant Olivier Duhamel, l’un des politologues les plus éminents de France et ancien député européen socialiste, qui a secoué l’establishment et provoqué une colère généralisée.

Dans un livre publié début janvier, l’avocate Camille Kouchner a accusé Duhamel, son beau-père, d’avoir abusé sexuellement de son frère jumeau alors qu’ils étaient adolescents. «Je ne révèle rien dans ce livre», écrit-elle. « Tout le monde sait. »

Kouchner a écrit que Duhamel a commencé à abuser sexuellement de son frère en 1988, alors qu’il avait 13 ans, en lui disant que «tout le monde fait ça».

À la suite des révélations, des soupçons ont augmenté quant à savoir qui aurait pu connaître les allégations avant qu’elles ne soient révélées au public, ce qui a conduit à la démission de plusieurs acteurs clés de la politique française. Élisabeth Guigou, ancienne ministre de la Justice, a quitté son rôle au sein d’un comité mandaté par le gouvernement sur les violences sexuelles contre les enfants, tandis que Marc Guillaume a quitté le conseil consultatif de l’école d’élite de Science-Po. Tous deux étaient proches de Duhamel.

Des milliers de personnes ont également partagé leurs propres histoires d’abus sexuels en utilisant des hashtags tels que #metooinceste et #metoogay.

Établir dans la loi un seuil d’âge, en dessous duquel un mineur serait considéré comme incapable de consentir à un acte sexuel et l’adulte considéré comme un criminel, est un sujet sensible en France depuis des années. Le débat se tient dans les chambres parlementaires du pays. Le Sénat a récemment donné son soutien à un projet de loi qui ferait de l’âge du consentement 13 ans, ce qui a suscité une controverse parmi certaines associations de protection des droits de l’enfant. D’autres textes sont en discussion à l’Assemblée nationale.

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