L’Assemblée nationale française adopte un projet de loi destiné à lutter contre l’extrémisme islamiste

PARIS – L’Assemblée nationale française a adopté mardi soir en première lecture un projet de loi destiné à être la pierre angulaire du plan du président Emmanuel Macron pour lutter contre l’extrémisme islamiste.

Le projet de loi inclut une extension limitée du principe de neutralité pour les fonctionnaires et les entrepreneurs – qui interdit le port de signes religieux tels que le foulard, des restrictions sur l’enseignement à domicile et une surveillance accrue du financement et des activités des organisations religieuses.

Des mesures spécifiques répriment également des pratiques telles que les certificats de virginité, la polygamie ou le mariage arrangé.

La «loi renforçant les principes de la République» en son nom complet va désormais passer au Sénat, avant d’être finalisée en commission parlementaire mixte.

Le parti majoritaire de Macron, LREM, a voté massivement pour, même si des risques de divisions internes avaient été anticipés avant la discussion du texte. Un amendement controversé parrainé par deux députés majoritaires visait à interdire le foulard aux filles de moins de 18 ans, mais les dispositions qui divisaient ont finalement été abandonnées.

Les partis d’opposition ont majoritairement voté contre ou se sont abstenus. À gauche, les socialistes et France Unbowed considéraient le projet de loi comme une restriction des libertés, ne prenant pas en compte les inégalités et les discriminations touchant les musulmans. Les conservateurs des Républicains ont voté contre, trouvant la ligne du gouvernement trop souple. Le Rassemblement national de Marine Le Pen s’est abstenu, souhaitant que le texte interdise explicitement les «idéologies islamistes».

L’inspiration du projet de loi est le discours d’octobre de Macron sur les «séparatismes», un terme qui en est venu à définir des pratiques considérées comme incompatibles avec les valeurs républicaines françaises. Motiver le texte, bien que cela ne soit pas explicitement mentionné à l’intérieur, est une opposition à ce que le gouvernement dit être une empreinte croissante de l’islam radical dans certaines parties du pays.

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