Sur l’islam, Macron ne flirte pas avec l’extrême droite

Mujtaba Rahman est le responsable de la pratique Europe du groupe Eurasia et l’auteur de POLITICOLa colonne Beyond the Bubble. Il tweete sur @Mij_Europe.

Le président français Emmanuel Macron fait l’objet d’attaques soutenues, au pays et à l’étranger, pour avoir prétendument courtisé les votes d’extrême droite avec la politique et les déclarations de son gouvernement sur l’islam radical. Une grande partie de ces critiques est déplacée. L’approche de Macron est peut-être imparfaite – mais elle est beaucoup plus équilibrée que ne le prétendent de nombreux critiques.

Les récents troubles de Macron découlent des propos insensés récents de sa ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, qui a annoncé une enquête sur l’influence du soi-disant «islamo-gauchisme» dans les universités françaises.

Initialement destiné à décrire une alliance entre des parties de l’extrême gauche française avec des formes extrêmes et parfois violentes d’idéologie islamiste, le terme islamo-gauchisme a récemment été détourné par l’extrême droite française pour se moquer et disqualifier toute tentative de la gauche d’attaquer des actions racistes ou marginalisantes envers la population musulmane de France.

Une discussion calme sur l’islam est devenue presque impossible en France, en partie grâce à une stratégie délibérée de polarisation des militants d’extrême gauche, d’extrême droite et des islamistes radicaux. Cela rend d’autant plus important pour les ministres du gouvernement français de réfléchir et de parler attentivement – ce qu’ils n’ont pas fait.

Au lieu de cela, Vidal et d’autres ministres de Macron ont stupidement utilisé le terme, enflammant davantage le débat. Macron lui-même l’a rejetée comme une définition utile, et l’Elysée a fait savoir qu’il était mécontent de Vidal. Mais avec le gouvernement divisé sur la question, le président semble avoir décidé de ne pas se prononcer, permettant à l’enquête de Vidal de se poursuivre.

Cette dissonance et cette ambivalence coûtent à Macron le contrôle de son message sur l’islamisme et l’islam – et ont nui indéniablement à sa réputation à l’étranger.

L’impact de ce débat de plus en plus enflammé – et parfois délibérément incendiaire – sur l’opinion intérieure en France est moins clair. Pour l’instant, le public – y compris la grande majorité des 5 millions de musulmans de France – reste plus préoccupé par la pandémie de coronavirus et ses conséquences économiques. Ce sont ces questions qui auront le plus grand impact sur l’élection présidentielle d’avril et mai prochains.

Macron, qui est susceptible d’intervenir dans le débat dans un proche avenir, serait sage de réaffirmer l’approche impartiale qu’il a adoptée en octobre dernier dans son discours sur l’islam radical et sa menace pour l’État laïc français et les valeurs démocratiques.

Ce discours – et le projet de loi sur «le renforcement des valeurs républicaines» qui a suivi – ont été fortement influencés par des consultations avec des dirigeants musulmans modérés, des universitaires et des imams. Il convient de rappeler que deux semaines plus tard, un professeur d’histoire, Samuel Paty, a été décapité par un jeune musulman tchétchène radicalisé dans une banlieue parisienne après une campagne virulente et trompeuse contre lui sur les réseaux sociaux. C’était le dernier d’une longue série d’attentats terroristes d’inspiration islamiste en France au cours des six années écoulées depuis les meurtres de Charlie Hebdo et d’Hypercacher.

Un examen attentif des propositions de Macron devrait mettre fin à l’accusation selon laquelle lui et son gouvernement «flirtent» avec l’extrême droite. Cette affirmation, qui a saisi l’élite politique et médiatique parisienne le mois dernier et qui a été largement diffusée dans certaines couvertures médiatiques américaines, est factuellement et substantiellement fausse – sans parler d’un non-sens électoral.

Les électeurs d’extrême droite ne passeront jamais à Macron en nombre significatif. Ils le détestent en tant que produit pro-européen de l’élite dirigeante et le considèrent indulgent envers le crime et l’islam radical.

La base de Macron s’est déplacée vers la droite depuis son élection en 2017, en partie parce qu’il a poursuivi des réformes d’ouverture du marché détestées à gauche, de sorte que ses intérêts électoraux seraient désormais mieux servis par un modeste retour vers la gauche et le centre. S’il ne fait aucun doute que l’approche de Macron à l’égard de l’islam radical vise à rassurer et à attirer l’opinion de droite modérée à conservatrice avant les élections de l’année prochaine, c’est une chose très différente: L’appel de Macron à ce groupe est davantage basé sur leurs préoccupations concernant la sécurité et la laïcité – pas de dénigrement pur et simple des migrants ou des musulmans, ce qu’il devrait faire pour recueillir le vote d’extrême droite.

Macron est également le premier président français à reconnaître une politique de facto vieille de plusieurs décennies de «séparatisme» économique et social de la France «blanche» ou «mainstream» envers ses minorités majoritairement musulmanes d’origine maghrébine et africaine. Il a annoncé des efforts pour améliorer les conditions économiques et les opportunités d’emploi dans les banlieues françaises où vivent la plupart des musulmans français, y compris un programme d’investissement de 3,3 milliards d’euros, et a promu une nouvelle législation contre l’emploi ou toute autre discrimination fondée sur la race ou l’ethnie.

S’il aurait pu aller plus loin avec ces initiatives, leur existence au moins aurait dû être notée dans les médias qui ont attaqué la prétendue tentative de Macron de tendre la main à l’extrême droite. Ils n’étaient pas.

Le débat est d’autant plus intense dans le contexte de l’engagement de la France en faveur d’un État farouchement laïc dans lequel toutes les religions sont autorisées et défendues mais aucune n’est promue par les institutions de l’État.

Une grande partie de la France – à droite comme à gauche – voit la montée de l’idéologie islamiste non seulement comme une menace grave pour la sécurité, mais aussi comme un défi à ce concept d’État et de société civile entièrement neutre sur les questions religieuses.

Une partie de la gauche française, ainsi que certains commentateurs américains, affirment que la laïcité française est devenue un moyen de justifier les actions anti-musulmanes et de déguiser la discrimination raciale. Pourtant, la laïcité française reste fondamentalement incomprise parmi ces groupes: elle équivaut par essence à une charte de tolérance et de démocratie qui constitue une protection importante pour les musulmans de France et les autres minorités raciales et religieuses.

La loi de Macron pour renforcer la tradition laïque reste centriste, sensée et bien équilibrée, malgré les récents faux pas. Mais lui et son gouvernement devront être plus prudents et plus cohérents pour l’expliquer et le défendre. La campagne actuellement en cours pour saper la tradition séculaire de la France est sans doute encore plus dangereuse.

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