Sommaire
- 1 Uber lance une nouvelle option pour les femmes dans tout le pays : ce bouton pourrait changer vos trajets.
- 2 Women Preferences passe à l’échelle nationale
- 3 Dans l’appli, trois leviers côté passagères
- 4 Côté conductrices, un bouton qui change la donne
- 5 Uber Teen, le nouvel angle d’attaque
- 6 Le revers du décor, algorithmes, délais, et comparaison avec Lyft
- 7 À retenir
- 8 Questions fréquentes
- 9 Sources
Uber vient d’étendre à tout le pays son option Women Preferences, celle qui te permet, si tu es une femme, de demander à être mise en relation avec une conductrice. Le test avait démarré en août 2025 dans quelques villes, et la bascule se fait maintenant au niveau national, avec un déploiement progressif dans l’appli. Sur le papier, c’est simple, plus de choix, plus de contrôle, plus de confort.
Uber lance une nouvelle option pour les femmes dans tout le pays : ce bouton pourrait changer vos trajets.
Le truc, c’est que la promesse dépend d’un détail très concret, est-ce qu’il y a assez de conductrices disponibles pour que ça marche sans te coller 12 minutes d’attente et un prix qui grimpe. Uber met aussi l’option sur la table pour Uber Teen dans les villes où le service existe. Bonne idée pour les parents, mais ça ouvre aussi une vraie discussion sur l’offre, l’algorithme et ce que ça change, vraiment, sur le terrain.
Women Preferences passe à l’échelle nationale
Le déploiement national, c’est la grosse info du jour. Uber dit que Women Preferences est maintenant lancé à l’échelle des États-Unis, après un pilote en 2025 et une montée en puissance qui a déjà touché plus de 60 villes. Concrètement, l’option commence à apparaître dans l’appli pour des villes très exposées, genre New York, Washington, D. C., Austin, Atlanta ou Philadelphie, puis ça s’étend. Le but affiché, donner plus de contrôle aux femmes, côté passagères comme côté conductrices.
Ce n’est pas une première mondiale. Uber avait lancé un dispositif similaire dès 2019 en Arabie saoudite, juste après le changement de loi qui a permis aux femmes de conduire. Depuis, l’entreprise explique avoir accumulé de l’expérience sur le sujet, avec un déploiement dans plus de 40 pays et des fonctionnalités pour les passagères dans plusieurs marchés. Uber parle même de 230 millions de trajets réalisés via ce type de préférence à l’international, ce qui donne une idée de l’ampleur du retour d’expérience.
Le message officiel est clair, l’option a été construite parce que des femmes l’ont demandée. Et, sur le terrain, ça colle à une réalité, beaucoup de passagères veulent pouvoir choisir, au moins sur certains trajets. Typiquement, la course seule tard le soir, le trajet après un événement, ou le retour à la maison dans une ville que tu connais mal. Dans ces cas-là, l’idée de réduire l’incertitude, ça pèse lourd, même si le risque zéro n’existe pas.
Mais il faut comprendre la mécanique, c’est une préférence, pas une garantie. Uber le dit, tu peux activer l’option, mais si aucune conductrice n’est disponible, l’appli peut te proposer autre chose, ou te laisser attendre. Du coup, la généralisation nationale, ce n’est pas “tout le monde aura une conductrice en 2 minutes”, c’est plutôt “l’option existe partout, maintenant il faut voir comment elle se comporte selon les villes, les heures, et surtout la densité de conductrices”.
Dans l’appli, trois leviers côté passagères
Uber a structuré Women Preferences autour de plusieurs usages concrets, et c’est là que ça devient intéressant. D’abord, la demande “à la volée”, quand tu commandes une course, tu peux choisir une option du type Women Drivers (la formulation varie selon l’écran). Si l’attente est trop longue, l’appli te laisse basculer vers une course standard. C’est un compromis, tu gardes le choix, mais tu acceptes que l’option puisse coûter du temps.
Deuxième levier, la réservation. Avec Reserve, tu peux pré-booker une course et demander une conductrice à l’avance. Dans la vraie vie, ça vise des situations ultra banales, un train tôt le matin, un vol, un rendez-vous médical, une soirée où tu sais déjà que tu rentreras tard. Réserver, ça ne supprime pas tous les aléas, mais ça te donne plus de visibilité qu’un “on verra sur le trottoir à 1h du mat”.
Troisième levier, le réglage dans les paramètres. Tu peux activer une préférence persistante, un peu comme un mode par défaut. Là encore, Uber insiste, c’est un paramètre, pas une promesse contractuelle. Mais ça change ton expérience, parce que tu n’as pas à y penser à chaque course. Et c’est aussi une manière de mesurer la demande, si des millions de comptes activent l’option, l’entreprise voit tout de suite où ça tire, ville par ville.
Dans les faits, tu vas te retrouver à arbitrer. Exemple concret, tu sors d’un resto à Chicago (ville imaginaire ici, mais situation réelle), il pleut, tu veux rentrer vite. Tu actives la préférence, l’appli te dit 9 minutes au lieu de 3. Tu fais quoi? Tu attends, ou tu bascules? C’est là que la promesse “plus de contrôle” se joue, pas dans un communiqué, mais dans le micro-choix du quotidien, et dans la tolérance aux délais.
Côté conductrices, un bouton qui change la donne
Pour les conductrices, Uber propose un réglage simple, un toggle du type Women Rider Preference. L’idée, c’est de permettre à une femme au volant de choisir de recevoir en priorité des demandes de courses venant de femmes. Uber présente ça comme un outil de flexibilité, tu peux l’activer à certaines heures, le couper quand tu veux, et garder la main sur ta manière de travailler. Sur le papier, ça vise un point sensible, le sentiment d’insécurité peut exister des deux côtés de la portière.
Dans la pratique, ce type de préférence peut attirer des profils qui hésitaient à conduire. Uber le sous-entend, rendre la plateforme “meilleure pour les femmes” peut amener plus de femmes à s’inscrire ou à reprendre le volant. Et ça, c’est le nerf de la guerre, parce que sans offre, la préférence côté passagères devient un bouton décoratif. Tu peux avoir la meilleure option du monde, si tu n’as pas assez de conductrices à 23h, tu retombes sur la course standard.
Il y a aussi un aspect revenu, rarement dit de façon frontale. Si une conductrice active la préférence, elle peut se retrouver avec une demande plus concentrée sur certains créneaux, par exemple sorties de concerts, zones de bars, quartiers résidentiels. Ça peut être positif, si ça réduit les courses qu’elle juge risquées. Mais ça peut aussi modifier la distribution des trajets, et donc les gains. Et là, tout dépend de l’algorithme, des zones, et de la densité de demande.
J’ai discuté avec une conductrice à New York lors d’un reportage sur l’économie des plateformes, elle me disait un truc très simple, “je veux juste pouvoir choisir mes moments”. C’est exactement ce que vend Uber avec Women Preferences. Sauf que choisir, ça veut aussi dire accepter des compromis, parfois plus d’attente entre deux courses, parfois des trajets moins rentables. Et si Uber veut que ça prenne, il faudra que l’expérience soit viable, pas juste rassurante sur l’écran.
Uber Teen, le nouvel angle d’attaque
Le volet Uber Teen, c’est celui qui parle direct aux parents. Dans les villes où les comptes ado existent et où Women Preferences est disponible, Uber explique que les ados et leurs tuteurs pourront demander une conductrice, en course immédiate ou en réservation. On connaît la scène, ton ado sort d’un entraînement, d’un cours du soir, d’une soirée, et toi tu veux un minimum de contrôle sans faire 40 minutes de voiture. Là, Uber te vend un bouton “conductrice”, et forcément, ça rassure.
Mais là aussi, il faut regarder la mécanique. Si la demande explose sur le segment Teen, surtout aux heures de pointe (fin d’école, activités extrascolaires), tu risques de créer de la tension sur la disponibilité des conductrices. Et du coup, tu peux avoir des temps d’attente qui s’allongent pour tout le monde, y compris pour les femmes adultes qui utilisent l’option sur d’autres trajets. Ce n’est pas un jugement moral, c’est juste de la logistique, une ressource limitée, ça se partage.
Autre point, la réservation. Pour un parent, pouvoir réserver une course avec une conductrice pour le lendemain matin, c’est un vrai changement. Tu planifies, tu réduis l’improvisation, et tu évites le stress du “personne n’accepte la course”. Sauf que la réservation, c’est aussi un marché, et si l’offre ne suit pas, le service va vite devenir frustrant. Une option qui existe mais qui te renvoie “indisponible” trois fois de suite, ça finit par être ignoré.
Et puis il y a la question de la perception. Certains vont dire, “c’est triste d’en arriver là”, d’autres vont répondre, “c’est juste pragmatique”. Perso, je vois surtout que Uber transforme une demande sociale en fonctionnalité produit, avec un angle très concret, les trajets des ados. Si ça marche, ça peut devenir un standard attendu, comme le partage de trajet ou le code PIN. Si ça ne marche pas, ça restera un argument marketing de plus, et les parents passeront à autre chose.
Le revers du décor, algorithmes, délais, et comparaison avec Lyft
La limite la plus évidente, c’est l’offre. Une prof de management interrogée par Wharton, Lindsey Cameron, le dit sans tourner autour, pour que le programme fonctionne, il faut assez de conductrices, sinon tu te retrouves avec des temps d’attente plus longs. Uber reconnaît d’ailleurs que ce n’est pas garanti. Et c’est logique, dans la plupart des flottes VTC, la majorité des conducteurs sont des hommes. Donc si la demande est forte et l’offre faible, l’option devient rare, donc frustrante.
Deuxième point, la sécurité. Oui, l’option est pensée comme une réponse à des inquiétudes réelles. Le secteur a été plombé par des accusations d’agressions et de harcèlement depuis des années. Des chiffres cités dans la presse américaine parlent de plus de 400 000 trajets entre 2017 et 2022 ayant donné lieu à des signalements d’agression sexuelle ou de misconduct. Attention, ça ne veut pas dire que 400 000 agressions sont avérées, mais ça dit un truc sur l’ampleur des signalements et sur le besoin de mesures de prévention.
Troisième point, la comparaison. Lyft, le numéro deux aux États-Unis, a déjà une option du même genre, Women+ Connect, lancée en 2023, qui vise femmes et personnes non binaires. Lyft affirme que les temps d’attente sont restés comparables, sans donner tous les détails. Et ils ont communiqué sur un indicateur intéressant, la part de matchs entre conducteurs Women+ et passagers Women+ serait passée de 50% à 66% en un an. Ce n’est pas une preuve absolue, mais ça suggère qu’un système peut s’améliorer avec le temps.
Dernier point, l’algorithme. Cameron rappelle que l’algorithme jongle avec plein de facteurs, distance, trafic, demande, disponibilité, et maintenant préférences. Ajouter un critère, ça peut marcher, mais ça peut aussi créer des effets de bord, surtout dans les zones moins denses. Si Uber veut éviter le côté “symbolique”, il faudra que l’option soit fiable, pas juste affichée. Et ça, ça passe souvent par des incitations, recrutement, bonus, ou meilleure expérience pour les conductrices. Sinon, tu auras un bouton qui rassure, mais qui ne sert pas quand tu en as le plus besoin.
À retenir
- Uber déploie Women Preferences dans tout le pays après un pilote lancé en août 2025.
- L’option côté passagères combine demande immédiate, réservation et préférence dans les réglages, sans garantie de match.
- Le succès dépend surtout du nombre de conductrices disponibles et de l’impact sur les temps d’attente, surtout face à Lyft Women+ Connect.
Questions fréquentes
- Est-ce que Women Preferences garantit une conductrice à chaque course ?
- Non. Uber présente Women Preferences comme une préférence, pas une garantie. Si aucune conductrice n’est disponible, l’appli peut proposer une attente plus longue ou te laisser basculer vers une course standard. L’objectif est d’augmenter les chances de match, pas de le rendre automatique.
- Comment activer Women Preferences sur Uber ?
- Uber propose plusieurs entrées : au moment de commander une course (option de conductrice), via Reserve pour pré-réserver, et via un réglage de préférence dans les paramètres de l’app. Selon ta ville et le déploiement, l’intitulé exact peut varier, mais la logique reste la même : demander à être mise en relation avec une conductrice quand c’est possible.
- Les ados peuvent-ils aussi demander une conductrice avec Uber Teen ?
- Oui, dans les villes où Uber Teen et Women Preferences sont disponibles. Uber indique que les ados et leurs responsables peuvent demander une conductrice pour des trajets à la demande ou en réservation. Là encore, ce n’est pas présenté comme une garantie, la disponibilité locale reste déterminante.
- Pourquoi Uber insiste autant sur la disponibilité de conductrices ?
- Parce que l’option ne tient que si l’offre suit. Si la majorité des conducteurs restent des hommes, une préférence de mise en relation entre femmes peut créer des temps d’attente plus longs, surtout aux heures de pointe. Des experts cités par Wharton soulignent que le programme doit être fiable, pas seulement symbolique, ce qui suppose d’attirer et de retenir davantage de conductrices.



