Un sondage montre que les Irlandais soutiennent l’unification mais ne veulent pas payer pour cela

DUBLIN – Les citoyens de la République d’Irlande se feront un plaisir de retirer l’Irlande du Nord des mains de la Grande-Bretagne – mais seulement s’ils n’ont pas à payer la facture, révèle un nouveau sondage.

Après un siècle de partition, les deux tiers des habitants de la République soutiennent l’unification de leur île, selon le sondage publié samedi dans l’Irish Independent.

La plupart s’attendent à ce qu’un référendum à l’échelle de l’île soit organisé sur la question au cours de la prochaine décennie, comme prévu dans l’accord de paix du Vendredi saint de 1998 qui a suivi trois décennies d’effusion de sang sur l’Irlande du Nord.

Pour réussir, les majorités des deux parties de l’île devraient soutenir le transfert de l’Irlande du Nord de la souveraineté britannique à la souveraineté irlandaise.

Cependant, les résultats de samedi montrent que 44% des personnes en Irlande du Nord souhaitent rester au Royaume-Uni, contre 35% qui souhaitent partir.

Dans le sud, le soutien à l’unification est conditionné par qui paie. Cinquante-quatre pour cent des électeurs de la République irlandaise rejetteraient l’unité si elle augmentait leurs factures d’impôts, selon l’enquête menée par la société de sondage Kantar.

Seul un sur huit voterait pour l’unité si le transfert obligeait la République à assumer l’intégralité des coûts de subvention de l’Irlande du Nord pour la Grande-Bretagne.

Les économistes ont prévu que ces coûts pourraient varier de 6,7 milliards d’euros à 15,7 milliards d’euros par an, en fonction de l’ampleur des passifs budgétaires transférés de Londres à Dublin dans le cadre d’un accord d’unification.

Certains niveaux de vie clés sont plus élevés dans le Nord et la fonction publique est le plus gros employeur du territoire.

Le Brexit a placé la question de l’unification irlandaise au premier rang des agendas politiques des deux parties de l’Irlande.

La plupart des Irlandais du Nord ont voté pour rester dans l’UE lors du référendum de 2016 au Royaume-Uni. L’unité donnerait au nord, avec son mélange de citoyens britanniques et irlandais, la citoyenneté européenne à part entière.

Pourtant, le sondage de samedi a révélé que les préoccupations financières étaient encore plus fortes dans le nord. Cinquante-cinq pour cent craignaient d’être plus mal financièrement en dehors du Royaume-Uni

Même parmi les habitants du Nord s’identifiant comme nationalistes irlandais, les raisons financières sont un facteur pour un quart de soutien à l’adhésion continue du Royaume-Uni.

«Dans le contexte de Mammon contre le patriotisme ou le loyalisme, la poche semble être roi», a écrit l’Irish Independent dans un éditorial d’accompagnement.

Le journal publiera plus de résultats d’enquête avant les 100 de lundie anniversaire de la fondation de l’Irlande du Nord en tant qu’État à majorité protestante au Royaume-Uni.

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