Sur les parkings, dans les rues ou sur les aires d’autoroute, les bornes de recharge pour véhicules électriques incarnent désormais la modernité. Cependant, elles attirent depuis plusieurs mois une forme inédite de cybercriminalité : des QR codes frauduleux, souvent déposés sous forme d’autocollants sur bornes de recharge, piègent un nombre croissant d’usagers. Derrière ce carré noir et blanc apparemment anodin, se cachent des arnaques sophistiquées capables de vider des comptes bancaires sans jamais délivrer l’électricité promise. Décryptage d’un phénomène grandissant et conseils pour s’en prémunir.
Une technique simple mais redoutable
Scanner un QR code pour activer une recharge ou régler un service est devenu un réflexe courant. Les fraudeurs l’ont bien compris et exploitent cette habitude en posant de faux QR codes via des autocollants sur bornes publiques. Ces étiquettes usurpent souvent l’apparence officielle, incitant à scanner sans méfiance.
Concrètement, le QR code frauduleux redirige l’utilisateur vers un site web imitant celui du fournisseur d’énergie ou du gestionnaire de la borne. La victime saisit alors ses informations bancaires dans l’espoir de commencer la recharge, offrant involontairement ses données sensibles aux arnaqueurs. Aucun kilowattheure n’est distribué et, en quelques instants, le compte bancaire est débité à l’insu de son propriétaire.
Un phénomène qui touche tout le territoire
Depuis plusieurs mois, de telles escroqueries aux bornes électriques ont été signalées dans de nombreux départements, comme le Gers ou le Loiret. Selon les témoignages, les victimes sont aussi bien des automobilistes expérimentés que des personnes découvrant l’électromobilité. La simplicité de la mise en place séduit les fraudeurs, qui peuvent opérer discrètement tout en ciblant un très large public.
Le procédé baptisé quishing, contraction de “QR” et “phishing”, gagne du terrain au point d’attirer l’attention des associations de consommateurs et des autorités. Le risque ne se limite pas au vol d’argent : le piratage peut aussi mener à une utilisation détournée des coordonnées bancaires ou à leur revente sur des plateformes illégales.
Les conséquences pour les automobilistes et les moyens employés par les fraudeurs
Les escrocs misent principalement sur l’aspect visuel trompeur des autocollants sur bornes. Leur design reprend les couleurs et logos des opérateurs connus, rendant difficile la distinction avec les dispositifs authentiques. Parfois, ces autocollants sont même placés directement sur ceux d’origine, brouillant encore davantage les pistes.
Les sites vers lesquels renvoient les QR codes frauduleux possèdent une interface similaire à celle des opérateurs officiels. Certains demandent rapidement des données bancaires prétendument nécessaires pour démarrer la recharge, tandis que d’autres sollicitent la création d’un compte utilisateur. Cette étape vise avant tout à collecter un maximum d’informations personnelles et de moyens de paiement.
Si le nombre exact de victimes reste difficile à quantifier, le phénomène provoque chaque mois des dizaines de plaintes auprès des services de police et de gendarmerie. L’arnaque aux bornes de recharge peut débiter immédiatement des sommes variables, allant de frais modestes présentés comme « pré-autorisations » jusqu’à des montants importants dès lors que les coordonnées complètes de la carte sont récupérées.
Certaines banques détectent automatiquement les flux suspects issus de transactions inhabituelles. Toutefois, le remboursement dépend de la réactivité de la personne concernée et de la capacité à prouver le caractère frauduleux du paiement. Dans tous les cas, la vigilance reste le meilleur rempart contre ces nouvelles pratiques.
- Détournement d’identité
- Débits bancaires non autorisés
- Vente des données sur le darknet
- Usurpation du compte utilisateur chez les fournisseurs de recharge
| Méthode frauduleuse | Conséquence principale |
|---|---|
| Faux QR code | Débit immédiat sans recharge |
| Collecte de données d’identité | Risque d’usurpation ou revente |
Prévenir les expositions aux faux QR codes : quels réflexes adopter ?
Pour limiter le risque, certains comportements simples s’imposent. Préférer l’utilisation de l’application officielle du fournisseur de bornes plutôt que le recours systématique au QR code figure parmi les mesures les plus efficaces. Entrer manuellement l’adresse du site ou rechercher le nom de l’opérateur sur un moteur de recherche renforce également la sécurité.
En cas de doute, il vaut mieux contacter le service client via un numéro vérifié trouvé sur le site officiel. Les automobilistes ayant déjà scanné un QR code frauduleux ou saisi leurs informations bancaires peuvent faire opposition auprès de leur banque et déposer plainte sans tarder.
- Télécharger l’application dédiée de la borne avant le déplacement
- Saisir l’URL manuellement lorsque cela est possible
- Éviter toute saisie de données personnelles sur un site inconnu
- Signaler les autocollants suspects aux autorités compétentes ou au gestionnaire de la route
Comment savoir si un QR code posé sur une borne de recharge est frauduleux ?
- Observer l’aspect physique du code (collage, imprimé, couleur)
- Vérifier l’adresse Internet qui s’affiche
- Refuser de fournir des informations bancaires sans garantie d’authenticité
Quels sont les premiers gestes à adopter si l’on a scanné un QR code frauduleux ?
- Faire opposition à la carte bancaire
- Avertir sa banque d’une opération suspecte
- Signaler les faits à la police
Existe-t-il des outils ou applications fiables pour sécuriser le paiement sur une borne de recharge électrique ?
| Outil | Type de sécurité |
|---|---|
| Application mobile officielle | Connexion cryptée, identité validée |
| Badge RFID | Aucune donnée transmise lors de l’utilisation |
| Paiement NFC | Transaction à usage unique |
La prolifération de ces arnaques concerne-t-elle aussi d’autres services publics ?
- Billettique urbaine
- Distributeurs automatiques
- Menus de restaurant digitalisés
Sources
- https://www.lesnumeriques.com/voiture-electrique/arnaque-aux-bornes-de-recharge-les-qr-codes-continuent-de-faire-des-victimes-en-france-voici-comment-s-en-proteger-n261028.html
- https://sciencepost.fr/sur-les-bornes-de-recharge-francaises-apparaissent-depuis-des-mois-de-petits-autocollants-qui-vident-les-comptes-sans-jamais-charger-la-voiture/
- https://www.autojournal.fr/actu/bornes-de-recharge-attention-a-cette-arnaque-au-qr-code-qui-vole-vos-donnees-bancaires-421215.html
- https://www.francemobiles.com/actualites/smartphones-attention-les-faux-qr-codes-se-multiplient-sur-les-bornes-de-recharge-21268.html




Comment reconnaître une tentative de quishing ?
Plusieurs indices permettent d’anticiper ou de repérer une arnaque aux QR codes. L’emplacement et l’aspect de l’autocollant constituent souvent un premier signe d’alerte : si le QR code semble avoir été ajouté récemment, qu’il masque un élément officiel, ou qu’il comporte une typographie inhabituelle, il vaut mieux s’abstenir de le scanner.
Ensuite, la rapidité avec laquelle le site demande un paiement, l’absence de mention légale fiable, ou une adresse URL suspecte doivent éveiller la méfiance. Les messages exclusivement en anglais ou truffés de fautes d’orthographe sont autant de signaux faibles supplémentaires. Enfin, un vrai site de fournisseur propose fréquemment d’autres modes d’identification ou de vérification de paiement, alors que l’arnaque pousse à saisir un numéro de carte sans alternative.